Jeune femme concentrée en classe avec notebook

Formation cinéma ou école généraliste, quel choix pour travailler sur les plateaux

7 mars 2026

Le BTS audiovisuel ne figure pas parmi les passages obligés pour se faire une place sur les plateaux de tournage. Pourtant, il s’impose comme la route la plus empruntée par les diplômés, année après année. Face à ce constat, difficile d’ignorer qu’un certain nombre de techniciens réputés n’ont jamais fréquenté la moindre école spécialisée. D’ailleurs, chaque année, des réalisateurs venus de cursus généralistes décrochent des postes-clés sur les tournages, à égalité avec ceux issus de la Fémis ou de Louis-Lumière.

Les données publiées par le CNC le confirment : près de 40 % de celles et ceux qui font leurs premiers pas sur les plateaux n’ont pas suivi de formation dédiée. Ce renouvellement des profils influe sur les attentes des employeurs et remet en question les critères de recrutement qui semblaient jusque-là immuables.

Panorama des métiers sur les plateaux de cinéma et d’audiovisuel

Travailler sur un plateau, c’est rejoindre un univers où se croisent des métiers techniques et artistiques, chacun jouant un rôle précis dans la conception d’un film ou d’un programme audiovisuel. Au centre du dispositif, on retrouve le chef opérateur, architecte de la lumière et de l’image, qui œuvre main dans la main avec le réalisateur. À ses côtés, on compte plusieurs expertises complémentaires :

  • cadreurs,
  • ingénieurs du son,
  • machinistes et
  • régisseurs,

tous veillent à la cohérence et à l’efficacité du tournage. Les métiers liés à l’animation ou à la production s’intègrent eux aussi dans cette chaîne de compétences, tout comme les spécialistes du montage, du décor ou du maquillage.

Les équipes sont majoritairement composées d’intermittents du spectacle, qu’il s’agisse de tournages à Paris, Lyon ou ailleurs. Leurs trajectoires témoignent de la richesse du secteur, où la formation initiale, qu’elle soit spécialisée ou généraliste, ne fait pas tout. L’expérience acquise sur le terrain, l’ouverture aux enjeux actuels du spectacle vivant et la polyvalence deviennent des atouts recherchés.

Dans ce contexte mouvant, choisir une formation en cinéma permet d’accéder à toute une palette de métiers : production, postproduction, chef opérateur, monteur, mais aussi gestion d’équipes ou coordination de projets. Certains se spécialisent dans l’image ou le son, d’autres s’orientent vers la distribution ou le cinéma d’animation. Mais sur le plateau, l’articulation entre apprentissage théorique et pratique s’impose pour répondre aux nouveaux enjeux du secteur.

Faut-il privilégier une école spécialisée ou une formation généraliste pour débuter ?

S’engager dans une formation post-bac pour travailler sur un plateau suppose de bien réfléchir à la direction à prendre. En intégrant une école spécialisée, l’étudiant plonge d’emblée dans l’univers concret de l’audiovisuel : enseignements techniques, accès à des plateaux, rencontres régulières avec des professionnels, ateliers sur le campus (que ce soit à Paris, Lyon, Nantes ou Bordeaux). Ce cadre immersif facilite une arrivée rapide dans des fonctions comme régisseur, chef opérateur ou assistant de production.

À l’opposé, un cursus généraliste, licence cinéma, lettres ou communication, apporte une base académique solide. Les étudiants y développent leur culture cinématographique, apprennent à analyser et à rédiger, des compétences appréciées lors de la sélection sur Parcoursup ou lors d’échanges avec les écoles. Reste que ce chemin retarde souvent la confrontation directe avec la pratique et la manipulation du matériel audiovisuel.

Voici comment se distinguent ces deux approches :

  • Les écoles spécialisées offrent des cursus courts, comme le BTS métiers de l’audiovisuel, avec plusieurs options (gestion de production, montage) très recherchées dans la profession.
  • Les formations généralistes, elles, ouvrent la voie à d’autres horizons : enseignement, critique, recherche. Elles n’excluent pas pour autant l’accès aux métiers techniques grâce à des stages ou des expériences sur le terrain.

Dans la réalité, la frontière s’estompe. Beaucoup de professionnels issus de filières généralistes arrivent sur les plateaux après s’être formés en autodidacte ou par des stages intensifs. L’industrie valorise la curiosité, l’adaptabilité, la motivation, et non le seul diplôme affiché sur un CV.

Jeune homme ajustant l

Écoles, diplômes et parcours : quelles voies pour accéder aux métiers du plateau ?

Sur un plateau, chaque technicien, chaque cadreur, chaque chef opérateur apporte une expertise acquise au fil d’un parcours unique. Pour rejoindre ces métiers de l’audiovisuel, deux grandes routes s’offrent à ceux qui veulent se lancer : la voie académique et les écoles spécialisées.

Le BTS métiers de l’audiovisuel, centré sur la technique, attire ceux qui aiment le concret. Il ouvre les portes de la production, du montage et de la gestion de plateau. Accessible directement après le bac, il met l’accent sur la pratique avec du matériel professionnel et la confrontation rapide aux réalités du métier. Il prépare à des fonctions comme chef opérateur, assistant caméra ou responsable de post-production.

À l’université, la licence cinéma propose une approche plus théorique. Elle permet d’acquérir une culture cinématographique solide et une compréhension poussée des problématiques actuelles du secteur. Les stages, souvent obligatoires, servent de passerelle vers la pratique, favorisant une intégration progressive sur les plateaux.

Les deux voies présentent chacune des spécificités :

  • Les écoles spécialisées privilégient l’apprentissage par projet et favorisent la proximité avec les professionnels, par le biais de stages ou d’ateliers intensifs.
  • Les cursus universitaires laissent la porte ouverte à la recherche, à la critique ou à la médiation culturelle, tout en gardant un lien avec les métiers techniques grâce à des partenariats avec des studios ou des sociétés de production.

Certains choisissent aussi d’élargir leur horizon en tentant l’expérience à l’international. La mobilité, encouragée dans plusieurs cursus, permet de développer son réseau et de renforcer sa pratique, que ce soit à Paris, Lyon, Bordeaux ou au-delà des frontières.

Les projecteurs ne s’éteignent jamais longtemps sur ceux qui osent bousculer les parcours établis. Sur les plateaux, la diversité des chemins empruntés forge la vitalité du cinéma français, et demain, peut-être, la vôtre.

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