En français, tous les verbes qui se terminent par -ir à l’infinitif ne se conjuguent pas de la même façon. Certains appartiennent au 2e groupe (comme finir), d’autres au 3e groupe (comme partir ou dormir). La différence entre ces deux catégories repose sur un mécanisme précis, mais c’est exactement à cet endroit que les erreurs s’accumulent sur les copies de collégiens.
Le changement de radical au singulier et au pluriel : la vraie difficulté
La plupart des ressources scolaires insistent sur la distinction entre 2e et 3e groupe. Le problème concret, sur une copie, se situe ailleurs : les verbes en -ir du 3e groupe changent de radical entre le singulier et le pluriel.
Prenons le verbe servir au présent de l’indicatif. Au singulier, on écrit « je sers », « tu sers », « il sert ». Le radical est « ser-« . Au pluriel, il devient « serv- » : « nous servons », « vous servez », « ils servent ». Ce basculement est invisible à l’oral pour certaines personnes, ce qui explique pourquoi l’erreur passe inaperçue en relecture rapide.
Le même phénomène touche partir (je pars / nous partons), sortir (je sors / nous sortons) et dormir (je dors / nous dormons). À chaque fois, une consonne disparaît au singulier puis réapparaît au pluriel.

Au 2e groupe, rien de tel. Le verbe finir garde son radical stable : « je finis », « nous finissons ». La syllabe « -iss- » s’ajoute au pluriel, mais le radical ne change pas. Cette régularité est justement ce qui distingue les deux groupes dans la pratique d’écriture.
Le test « nous » au présent : identifier un verbe en -ir du 3e groupe
Pour savoir si un verbe en -ir appartient au 2e ou au 3e groupe, une seule manipulation suffit. On conjugue le verbe à la première personne du pluriel du présent de l’indicatif.
- Si la forme donne « nous …issons » (nous finissons, nous rougissons, nous choisissons), le verbe est du 2e groupe.
- Si la forme ne contient pas « -issons » (nous partons, nous dormons, nous servons), le verbe est du 3e groupe.
- Si le radical change entre « je » et « nous » (je sers / nous servons, je viens / nous venons), c’est une confirmation supplémentaire du 3e groupe.
Ce test fonctionne comme une stratégie de relecture, pas seulement comme une règle de classification. Face à un doute en dictée ou en rédaction, conjuguer mentalement à « nous » donne la réponse en quelques secondes.
Verbes en -ir du 3e groupe à connaître pour les évaluations au collège
Vouloir mémoriser la conjugaison de tous les verbes en -ir du 3e groupe serait une perte de temps. Un petit noyau de verbes très fréquents concentre la majorité des points aux contrôles de conjugaison et de dictée au collège.
Voici les verbes qui reviennent le plus souvent dans les évaluations écrites du cycle 3 et du collège :
| Verbe | Présent (je / nous) | Particularité à retenir |
|---|---|---|
| partir | je pars / nous partons | Radical raccourci au singulier (par- / part-) |
| sortir | je sors / nous sortons | Même modèle que partir |
| servir | je sers / nous servons | Le « v » disparaît au singulier |
| dormir | je dors / nous dormons | Le « m » disparaît au singulier |
| venir | je viens / nous venons | Changement de voyelle en plus du radical |
| tenir | je tiens / nous tenons | Même modèle que venir |
| courir | je cours / nous courons | Deux « r » au futur (je courrai) |
| mourir | je meurs / nous mourons | Deux « r » au futur, changement de voyelle |
Travailler ces huit verbes au présent, à l’imparfait et au passé composé couvre la grande majorité des situations rencontrées en évaluation.
Conjugaison du présent de l’indicatif : les terminaisons qui piègent
Au présent, les verbes en -ir du 3e groupe prennent les terminaisons -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent. Ces terminaisons sont identiques à celles de beaucoup de verbes du 3e groupe (verbes en -re, en -oir).
La confusion avec le 2e groupe vient du singulier. Un élève qui écrit « je partis » au lieu de « je pars » applique par réflexe le modèle du 2e groupe (je finis). L’erreur est logique : les deux verbes se terminent par -ir, et l’élève généralise la règle qu’il connaît le mieux.
Pour éviter ce piège, une habitude efficace consiste à se demander systématiquement : à « nous », est-ce que j’entends « -issons » ? Si la réponse est non, les terminaisons du singulier sont -s, -s, -t, sans le « i » caractéristique du 2e groupe.
L’imparfait, un temps plus simple pour ces verbes
L’imparfait pose moins de problèmes. Les terminaisons (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient) sont les mêmes pour tous les groupes. Le radical utilisé est celui du pluriel du présent : « nous servons » donne « je servais », « nous partons » donne « je partais ».
Retrouver le radical du pluriel au présent donne automatiquement le radical de l’imparfait. Cette règle, valable pour presque tous les verbes français, simplifie considérablement la tâche.
Passé composé des verbes en -ir du 3e groupe : auxiliaire et participe passé
Plusieurs verbes en -ir du 3e groupe se conjuguent avec l’auxiliaire être au passé composé : partir, sortir, venir, mourir. L’accord du participe passé avec le sujet s’applique alors (« elle est partie », « ils sont venus »).
Les participes passés de ces verbes sont souvent irréguliers. Parti, sorti, servi, dormi se terminent par -i. Venu et tenu se terminent par -u. Mort se termine par -t. Le participe passé ne suit pas de modèle unique au 3e groupe, ce qui impose de les apprendre verbe par verbe.
Une astuce pour vérifier la dernière lettre d’un participe passé : mettre le participe au féminin. « Partie » confirme le -i final de « parti ». « Morte » confirme le -t final de « mort ». Si une lettre muette apparaît au féminin, elle est présente au masculin.

Le piège des verbes en -ir du 3e groupe tient finalement à peu de choses : un radical qui change entre singulier et pluriel, des terminaisons différentes du 2e groupe au présent, et des participes passés à mémoriser individuellement. Appliquer le test « nous » avant d’écrire, et vérifier le participe passé au féminin, suffit à éviter la plupart des fautes sur ces verbes au collège.

