Lors de l’examen pratique du permis B, l’inspecteur pose 3 questions orales tirées d’une liste de 100 questions officielles. Chaque bonne réponse rapporte 1 point bonus, pour un maximum de 3 points. Ces questions portent sur les vérifications du véhicule, la sécurité routière et les premiers secours. Elles déstabilisent beaucoup de candidats, souvent concentrés sur la conduite et pris au dépourvu par la partie orale.
Vous vous demandez comment la question est choisie, ce que l’inspecteur attend réellement, et sur quoi portent les pièges les plus fréquents ? Voici un décryptage construit avec la logique d’un moniteur, pas une simple liste à réciter.
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Compteur kilométrique et tirage de la question : comment ça marche
Le numéro de la question posée dépend des deux derniers chiffres du compteur kilométrique du véhicule d’examen au moment de l’épreuve. Le candidat ne choisit rien, l’inspecteur non plus. C’est un tirage mécanique, impossible à anticiper.
Certaines questions partagent le même numéro. Par exemple, les questions 1 et 65 portent sur le réglage de hauteur des feux. Cela signifie que sur 100 numéros possibles, plusieurs renvoient au même triplet de questions (vérification intérieure ou extérieure, sécurité routière, premiers secours).
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En pratique, il existe environ 70 groupes de questions distincts. Apprendre les 100 numéros par cœur ne sert à rien. Comprendre la logique derrière chaque thème, en revanche, permet de répondre même face à une formulation légèrement différente de celle mémorisée.

Vérifications intérieures et extérieures : ce que l’inspecteur observe vraiment
La première question porte toujours sur une vérification technique du véhicule. Elle est soit intérieure (depuis le poste de conduite), soit extérieure (sous le capot ou autour de la voiture).
Vérifications intérieures typiques
L’inspecteur demande par exemple de montrer la commande de réglage de hauteur des feux, d’actionner le dégivrage arrière ou de localiser le signal de détresse. La réponse attendue est un geste : vous devez montrer physiquement le bouton ou la commande.
Ce qui piège les candidats, ce n’est pas la difficulté de la question. C’est le stress qui fait oublier l’emplacement d’une commande pourtant utilisée à chaque leçon. Un moniteur vous dira de toucher chaque bouton du tableau de bord pendant vos heures de conduite, pas seulement pendant la révision.
Vérifications extérieures : ouvrir le capot sans panique
Montrer le bocal de lave-glace, le réservoir de liquide de frein ou la jauge d’huile : ces questions supposent d’ouvrir le capot. Bonne nouvelle, si vous avez du mal à l’ouvrir, l’accompagnateur peut vous indiquer comment procéder. L’inspecteur n’enlève pas de point pour cette hésitation.
Ce qu’il évalue, c’est votre capacité à identifier l’élément demandé. Repérez avant l’examen les bouchons colorés sous le capot du véhicule d’auto-école : bleu pour le lave-glace, souvent jaune pour l’huile.
Questions de sécurité routière au permis B : les thèmes récurrents
La deuxième question de chaque triplet porte sur la sécurité routière. Elle est liée au thème de la vérification technique. Si la première question concerne les feux, la question de sécurité portera sur l’éblouissement ou la visibilité.
Voici les thèmes qui reviennent le plus souvent :
- Le réglage des feux et le risque d’éblouissement des autres usagers, notamment la nuit ou par temps de pluie
- L’état des pneumatiques et son influence sur l’adhérence, avec la notion de témoin d’usure
- L’utilité du liquide lave-glace spécial hiver pour éviter le gel et maintenir la visibilité
- Le contrôle du niveau de liquide de frein et les conséquences d’un niveau trop bas sur la distance de freinage
Une mauvaise réponse à ces questions n’est jamais éliminatoire. Vous perdez un point bonus, pas l’examen. Cette information change la manière d’aborder la révision : mieux vaut comprendre le principe que paniquer sur un mot exact.

Premiers secours à l’examen du permis : les réponses qui comptent
La troisième question porte systématiquement sur les premiers secours. C’est la partie la moins travaillée par les candidats, et pourtant les réponses suivent une logique simple : protéger, alerter, secourir.
Protéger une zone de danger
La question la plus fréquente demande comment et pourquoi protéger une zone de danger en cas d’accident. La réponse attendue tient en une phrase : en délimitant clairement et largement la zone de façon visible, pour protéger les victimes et éviter un suraccident.
L’inspecteur n’attend pas un cours de secourisme. Il vérifie que vous connaissez le réflexe de base : sécuriser avant d’intervenir.
Arrêt cardiaque et position latérale de sécurité
D’autres questions portent sur la reconnaissance d’un arrêt cardiaque (la victime ne respire pas et ne réagit pas) ou sur la mise en position latérale de sécurité. Pour ces réponses, décrivez l’action concrète plutôt que le terme technique. Dire « je vérifie si la victime respire en approchant ma joue de sa bouche » vaut mieux que réciter « je pratique un bilan primaire ».
Faut-il apprendre les 100 questions par cœur pour le permis ?
La tentation est forte de mémoriser les 100 réponses mot pour mot. Les quiz en ligne et les flashcards encouragent cette approche. Elle fonctionne pour certains candidats, mais elle montre ses limites le jour de l’examen.
Sous stress, une réponse apprise par cœur peut se bloquer. Une réponse comprise se reformule naturellement. L’inspecteur accepte toute formulation correcte sur le fond. Vous n’avez pas besoin de réciter la phrase officielle au mot près.
La méthode la plus efficace combine deux étapes :
- Regrouper les questions par thème (feux, pneumatiques, niveaux, premiers secours) plutôt que par numéro
- Pratiquer les gestes sur le véhicule de l’auto-école pendant les leçons de conduite, pas uniquement sur un écran
- Réviser les premiers secours en visualisant les situations (accident sur route, victime inconsciente) plutôt qu’en lisant des fiches
Un détail souvent négligé : l’Inspection Générale de l’Administration a proposé de supprimer ces trois questions orales de l’examen pratique du permis B. Ce débat institutionnel montre que leur format est remis en question, même si elles restent en vigueur pour l’examen actuel.
En attendant une éventuelle réforme, ces 3 points bonus restent les plus faciles à obtenir le jour du permis. Quelques sessions de révision ciblées sur les thèmes récurrents suffisent aux sécuriser, à condition de privilégier la compréhension à la récitation.

