On ne devient pas éleveur parce qu’on apprécie simplement la compagnie des animaux. Derrière ce mot, il y a des réalités, des exigences et des choix de vie qui dépassent largement l’image d’Épinal de la ferme paisible ou de la portée de chiots. Si l’envie de vous engager dans cette voie vous travaille, mieux vaut savoir à quoi vous attendre, concrètement.
Les différents types d’élevages
Avant d’aller plus loin, il faut clarifier les contours du métier : élever des animaux, oui, mais lesquels ? Les responsabilités, les savoir-faire et les quotidiens changent du tout au tout selon l’espèce concernée. On distingue d’un côté les éleveurs agricoles, de l’autre ceux qui se consacrent à l’élevage canin.
En exploitation agricole
Dans une ferme, l’éleveur ne se limite pas à nourrir ses bêtes. Il orchestre l’ensemble du fonctionnement de l’exploitation. Les animaux doivent manger, être surveillés de près pour leur santé, entretenus, soignés, parfois assistés lors de la reproduction. Cette présence ne connaît ni week-end ni grasse matinée : il faut être là, quoi qu’il arrive, parce qu’un vêlage ou une alerte sanitaire n’attendent pas le bon moment.
Mais l’élevage, ce n’est pas juste une question d’attention animale. Le quotidien d’une exploitation implique toute une série de missions annexes, qui varient selon l’espèce élevée. Voici concrètement ce que cela suppose :
- Produire des céréales pour garantir l’alimentation du cheptel.
- Maîtriser les engins agricoles et leur entretien.
- Réaliser la traite, la tonte, ou suivre la traçabilité des animaux pour la filière viande.
- Entretenir, rénover et adapter les bâtiments d’élevage.
Autrement dit, il ne suffit pas d’aimer les bêtes : il faut aussi savoir manier les outils, planifier les récoltes, et composer avec la paperasse administrative. Si vous voulez mesurer la réalité du métier, rien ne vaut un passage sur le terrain : un stage chez un professionnel vous donnera une idée précise de l’endurance et de la polyvalence nécessaires. Pour postuler, un modèle de CV en ligne peut vous faciliter la tâche.
L’élevage canin
Changer d’espèce, c’est changer de décor. L’élevage de chiens s’adresse à ceux qui s’investissent corps et âme dans le bien-être animal, mais il s’agit aussi d’un métier exigeant, qui ne s’improvise pas. Selon le projet, on peut élever aussi bien des futurs compagnons de famille que des chiens destinés à la sécurité, à la traction ou à l’aide aux personnes en situation de handicap. Dans tous les cas, la rigueur reste une constante : le moindre manquement se paie cher, tant pour la santé des animaux que pour la réputation de l’élevage.
Un acheteur attend bien plus qu’un simple animal : il exige une santé irréprochable, des caractéristiques précises, une généalogie claire. La traçabilité devient un critère déterminant, surtout pour la reproduction ou la vente de chiens de race.
Formation et diplôme
Se lancer dans l’élevage agricole ne s’improvise pas : il faut se former, que l’on reprenne la ferme familiale ou que l’on vienne d’un tout autre univers. Un diplôme de niveau bac est requis pour pouvoir s’installer à son compte. Les parcours sont balisés : baccalauréat professionnel, brevet professionnel, brevet de technicien agricole… Les intitulés à connaître sont les suivants :
- baccalauréat professionnel conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA) option productions animales
- brevet professionnel (BP) responsable d’exploitation agricole, élevage et cultures fourragères ou élevage hors-sol et spécialisé
- brevet de technicien agricole (BTA) productions animales
Ceux qui souhaitent aller plus loin peuvent viser un diplôme de technicien supérieur agricole, niveau bac+2, spécialisé en productions animales.
Pour ce qui est de l’élevage d’animaux domestiques, les règles sont plus souples. Créer son élevage de chiens requiert toutefois l’ACACED (attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques). Se spécialiser dans des races sensibles, comme le yorkshire toy, implique de compléter ses compétences, en particulier sur le plan sanitaire. Une formation solide en gestion d’entreprise est également recommandée, car la réussite d’un élevage repose autant sur la passion que sur la capacité à piloter une petite structure.
À la clé, ce métier exigeant offre une expérience de vie unique, faite de responsabilités, d’apprentissage continu et de liens authentiques avec le vivant. On ne sort jamais tout à fait indemne d’une telle aventure : chaque journée passée auprès des animaux façonne un regard différent sur le monde rural et sur soi-même.

