Séminaire sur la sécurisation des parcours

Agiremploi/MIFE Isère a organisé un séminaire sur le thème de la sécurisation des parcours animé par Jean-Raphaël Bartolli du Groupe Amnyos, auteur d'un rapport « La sécurisation des parcours professionnels », pour un regard critique des politiques publiques de l'emploi et de l'environnement juridique du droit du travail, voire de l'absence de fongibilité des fonds d'assurance formation qui ne permettent pas de sécuriser les parcours professionnels.

Le 19 septembre 2006, différents partenaires étaient réunis autour de la MIFE, acteurs de l'emploi formation à l'échelle du territoire de l'agglomération, afin de réfléchir ensemble pour construire une démarche territoriale pertinente et concrète sur ce thème.
Cette initiative répond aux missions de la MIFE contractualisées avec la Région Rhône-Alpes afin de promouvoir et de participer à sécuriser les parcours de ses publics (actifs en évolution professionnelle, salariés fragilisés, publics en insertion).
La problématique réside dans la construction d'un plan d'actions partenariales pour sécuriser les parcours, compte tenu du postulat suivant : « on ne sait plus sécuriser la stabilité des parcours à l'emploi ».
Deux raisons expliquent ce constat : l'accélération de la mobilité des emplois ; l'idée de stabiliser les emplois devient illusoire dans un contexte économique en tension devant un chômage résiduel et des restructurations industrielles nombreuses, voire des disparitions d'entreprises imposant des licenciements économiques et des reconversions professionnelles. Par ailleurs, on se trouve devant un droit du travail qui présente un outillage juridique obsolète. Les emplois évoluent et les qualifications avec, les carrières se déroulent dans des espaces mobiles. Nous nous trouvons devant la nécessité de transformer les périodes de non emploi pour les intégrer dans des parcours de trajectoires professionnelles.
Compte tenu des difficultés à accompagner les transitions subies ou choisies, faut-il ajouter de nouvelles sécurités au statut salarial ?
Les systèmes d'organisation de travail actuel ne nous permettent pas de gérer les transitions entre périodes d'emploi et de non emploi. Aujourd'hui, la stabilité de l'emploi se substitue à la sécurité de l'emploi.

Actuellement, le thème de la sécurisation des parcours envahit la sémantique de la politique nationale, régionale, celle de l'ensemble des partenaires sociaux, devant 3 catégories d'individus à risques ; ceux qui tentent d'accéder à un emploi, ceux qui se croient protégés, ceux qui souhaitent changer et qui ne le font pas à cause du risque à prendre.

Il n'y a pas un, mais des parcours dans lesquels la question de la sécurisation et de la transition se posent ; quatre principales typologies de ces types de parcours des individus doivent interroger nos pratiques : le parcours de transition, chaotique, circulaire, d'où la nécessité de maîtriser l'ingénierie de ces parcours, le parcours de gestion des mobilités professionnelles subies, le parcours de professionnalisation, où il s'agit de faire de la prévention des mutations - la formation n'est qu'un élément , et pas le seul déterminant, au développement des compétences de la personne, cadre du passage du droit de la formation au « droit » des compétences.
Sur un territoire, plus on agit sur la professionnalisation des salariés, moins aura à agir sur l'insertion. La segmentation des dispositifs nuit à la sécurité des parcours.

Et enfin, le parcours de gestion des mobilités choisies, où il s'agit de développer une appétence pour que les salariés ne s'endorment pas dans une « passivité trompeuse ».

Mais il y a des Invariants de parcours, facteurs clé de réussite parmi lesquels :

  • Permettre à une personne de s'inscrire dans un projet, d'où la nécessité de tenir conseil en orientation
  • Le parcours est un composite
  • Articuler les différents segments d'un parcours
  • Valider les compétences en situation de travail
  • Associer VAE et insertion
  • Construire une nouvelle ingénierie des parcours en travaillant sur une vraie fonction « d'accompagnateur de parcours ».

Comment une politique publique peut-elle mieux sécuriser les risques, en s'appuyant sur une approche territoriale ?
Le collectif échange sur la question de l'empilement des dispositifs des politiques publiques de l'emploi, l'absence de synergies entre ces dispositifs.
Il faudrait resituer ces dispositifs comme support à un accompagnement tout au long de la vie, pour permettre de mettre en dynamique le parcours en validant chaque étape.
En exprimant une nouvelle théorie de l'action « la professionnalisation » les partenaires sociaux apportent une nouvelle dimension au droit à la formation.

Pour accompagner cette professionnalisation, que peut faire le niveau territorial ? Une des conditions serait de déconnecter « l'accompagnateur » du référent de parcours dans le cadre des dispositifs publics (parcours de formation ou d'insertion voire tutorat en entreprise). Il s'agirait plutôt d'un processus d'accompagnement et non d'un accompagnement pour coordonner, repérer les acteurs et articuler les interventions de chacun de façon efficace, en évitant de re-scolariser les parcours pour changer le rapport des diplômes au travail.

Comment faire de l'articulation entre les différents statuts et dispositifs, avec quelles compétences, quelles modalités d'organisation territoriale ?

Que pourrait être un service territorial d'accompagnement des projets recherchant une mixité de fonds à mobiliser : une fonction générique et transversale impliquant différentes professionnalités.

Faut-il construire le nouveau référentiel d'un processus qui définirait cette fonction d'accompagnateur de parcours, son organisation et cadre juridique restant à trouver ?

Un échange entre les participants à propos du « processus accompagnateur » exprime une recherche de consensus autour de cette fonction de médiation, de re-médiation, d'entretiens éducatifs de face à face, pour aider la personne à dire son histoire de vie, et son identité...

Une autre réflexion a été partagée sur la question de la péréquation entre les fonds d'assurance formation et d'assurance chômage pour organiser les passages et les transitions professionnelles.

En guise de conclusion, quelques points qui semblent fédérateurs au collectif :

Perspectives de travaux communs :

  • Trouver une nouvelle forme de valeur ajoutée de l'accompagnement : construire un référentiel d'une fonction de « médiateur accompagnateur », fonction transversale qu'il faut faire émerger de cette différente facette professionnelle.
  • Faut-il construire un service territorial de l'orientation professionnelle pour répondre à la question de l'orientation tout au long de la vie ?
  • Nécessité de construction d'un système pour organiser la fongibilité ou comment articuler les fonds d'assurance chômage aux fonds d'assurance de formation pour organiser les transitions. Pourrait-on mettre en place une expérimentation territorialisée ?